Michèle Kremers

  1. Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours entre la France et les Pays-Bas ?

Professeur à la retraite depuis un an, j’ai enseigné avec enthousiasme la littérature française à l’université d’Utrecht depuis 1990 avec une césure de cinq ans entre 2002 et 2007 à Washingon DC où je donnais des cours à Georgetown University, une ville où j’avais déjà vécu dans les années ’80 après mes études en France et à Oxford.

 

C’est d’ailleurs à Oxford que j’ai rencontré un étudiant néerlandais qui allait devenir mon mari quelques années plus tard avant de déménager à La Haye où nous avons vécu une douzaine d’années.

 

Nous habitons aujourd’hui avec beaucoup de plaisir à Amsterdam. Bilingue anglais – français, je parle assez couramment le néerlandais mais reste frustrée de ne pas le maîtriser parfaitement, en particulier à l’écrit.

  1. Pourquoi avoir souhaité vous engager au sein de la liste indépendante Voix françaises aux Pays-Bas ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de contribuer à cette démarche collective ?

Marie-Christine Kok Escalle, conseillère des Français de l’étranger puis présidente du conseil consulaire jusqu’à aujourd’hui, est une collègue et amie de très longue date.

Nous avons travaillé ensemble pendant une trentaine d’années à l’université d’Utrecht et j’étais à ses côtés lors à la campagne de 2021 à l’issue de laquelle elle a été élue. J’ai pu admirer depuis, son dévouement et son efficacité dans l’exercice de son mandat.

 

C’est parce que nous partageons une vision similaire que les rôles sont aujourd’hui inversés : je suis moi aussi convaincue de l’importance d’une approche non-partisane de cette fonction et d’une démarche rigoureuse loin de promesses intenables qui en dépassent les limites. J’ai la chance d’être entourée d’une équipe formidable et pleine de talents, prête à s’investir dans cette aventure.

 

Toute ma vie, j’ai enseigné par vocation et, aujourd’hui à la retraite, j’ai le temps et l’énergie de cultiver le contact et l’échange qui me faisaient tant aimer mon métier. Mon expérience de la vie aux Pays-Bas et de ma famille trilingue m’entraine tout naturellement vers une activité où la dimension pluriculturelle reste centrale. Représenter et servir la communauté française aux Pays-Bas serait un honneur et le prolongement cohérent de mes activités passées où le dialogue, l’empathie et la transmission jouent un rôle clé.

  1. Grâce à votre parcours aux Pays-Bas, quels conseils ou retours d’expérience souhaitez-vous partager pour faciliter la vie des Français ici ?

Vivre aux Pays-Bas semble très facile au premier abord, ce qui permet souvent une installation en douceur. C’est un pays très proche du nôtre, où tout le monde parle anglais et où les étrangers sont accueillis avec tolérance et intérêt.

 

On se sent souvent très vite chez soi, ce qui peut être trompeur car les spécificités locales sont bien réelles. On remarque ainsi rapidement que la culture néerlandaise ne partage pas notre perception du temps ou de l’autorité par exemple : vos invités arrivent en avance pour le dîner, les rapports au pouvoir sont moins hiérarchiques et formels, y compris dans les relations parents-enfants.

 

Les repas durent moins longtemps, le déjeuner se réduit à un sandwich, mais vous êtes facilement invité à prendre un café à la maison ou sur le trottoir à tout moment de la journée. Par contre les anniversaires sont abondamment fêtés en famille et à l’école mais, sur votre lieu de travail, c’est à vous d’apporter des chocolats ou des gâteaux le jour de votre anniversaire. Tout cela peut parfois être déstabilisant mais c’est souvent drôle et toujours très enrichissant.